De nombreux programmes de développement économique et social sont lancés par la République de Djibouti dans le but de promouvoir l’essor économique et de lutter contre la pauvreté des populations tout en ayant comme objectif global à l’horizon, le développement durable. Dans cette démarche stratégique, la recherche scientifique se mobilise pour apporter pleinement sa contribution. Effectivement, le Président de la République de Djibouti, Son Excellence Monsieur Ismail Omar Guelleh, a entrepris une véritable redynamisation de l’activité de la recherche scientifique djiboutienne par la restructuration de l’institution chargée de la recherche scientifique, par le renforcement des ressources humaines et la mise en place d’un statut spécifique pour les chercheurs, par l'octroi d'un budget en évolution, par la création et le renforcement des laboratoires de recherche modernes au sein du CERD et cette restructuration initiée depuis une dizaine d’année ne s’arrête pas là. Aujourd’hui, la nouvelle architecture gouvernementale mise en place tout récemment, octroie une nouvelle dimension à la recherche scientifique et à l’enseignement supérieur en créant, pour la première fois de notre histoire, un ministère en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche. L’honneur de diriger un tel département ministériel prestigieux a été donné au docteur Nabil Mohamed Ahmed reconnu sur le plan national et international notamment pour avoir relever le défi de mettre en place et de réussir le laboratoire des biotechnologies pour les palmiers dattiers.
Le CERD comprend 7 instituts : Sciences de la Terre (IST), Sciences de la Vie (ISV), les Langues (ILD), les Nouvelles Technologies (ISTN), les Sciences Sociales (ISS), la Recherche Médicinale (IRM) et les Etudes Politiques et Stratégiques (IEPS). L’étape prioritaire a été consacrée au renforcement des ressources humaines permettant ainsi de recruter plus d'une trentaine de nouveaux chercheurs dont une quinzaine sont actuellement en formation de mastère ou doctorale. Cette étape s’accompagne progressivement par la mise en place d’un nouveau statut des chercheurs. D’autre part, le nouveau budget couvre les besoins de cette nouvelle restructuration mais permet aussi de prévoir des ressources pour la pérennisation des activités de recherche.
De plus, au cours de ces dernières années, la Présidence de la République de Djibouti a consentit un effort particulier pour soutenir les orientations de la recherche pour le développement en finançant des laboratoires modernes et des projets scientifiques
Comme le laboratoire de biotechnologie végétale, le laboratoire de cartographie, le laboratoire de géochimie, ou encore les projets relatifs aux langues nationales pour l’édition d’ouvrages scolaires et la préparation des dictionnaires, ainsi que le projet d’évaluation des potentialités en énergie éolienne du pays.
Une stratégie pour la promotion de la recherche-développement
Le climat aride de la République de Djibouti dû à sa situation géographique particulière en région tropicale, et les terrains volcaniques produits par la séparation des plaques tectoniques dessinent le paysage environnemental de notre pays situé à la rencontre de la Mer Rouge et du Golfe d'Aden. Le relief escarpé et marqué par une succession de plaines, de plateaux et de montagnes, l'absence des eaux pérennes de surface, la végétation clairsemée et une côte de plusieurs centaines de kilomètres sont là quelques unes de ses spécificités naturelles. Celles-ci, sans doute, ont à leur tour joué un rôle fondamental dans la vie des populations pastorales.
A notre époque, les retombées des sciences et des technologies révolutionnent progressivement le mode de vie des populations et des sociétés dans le monde en le rendant parfois plus rapide et plus facile, ou en soulevant aussi des débats sur l'éthique. Il faut cependant constater qu'il n'en est pas de même partout lorsque l'on compare le milieu rural et le milieu urbain, ainsi que les différentes classes sociales et les niveaux de vie des pays. A Djibouti, une bonne partie de la population rurale parcourt encore des dizaines de kilomètres au quotidien pour s'approvisionner en eau. Tout en étant conscient de l'avancée de la désertification, les gens sont contraints à la coupe de bois pour l'énergie. La pression démographique dans les centres urbains accentue les difficultés liées à l'approvisionnement en eau, l'assainissement, l'habitat. Les études montrent une situation caractérisée de la pauvreté. Sur le plan social et culturel, la transmission de la tradition orale et du patrimoine culturel national aux générations à venir, court le risque de se perdre si des efforts organisés ne sont pas consentis.
La recherche scientifique, et encore plus aujourd'hui, se justifie par les multiples difficultés apparaissant sur le plan de la gestion de nos ressources naturelles, l'absence de la recherche technologique, et par le retard accumulé dans la connaissance, la conservation et la divulgation de notre patrimoine culturel. On aura de cesse de rappeler que la recherche scientifique est une composante essentielle de l'activité humaine étant donnée qu'elle se trouve à l'origine de la connaissance et de l'innovation, et qu'en ces qualités, elle permet la préservation des données et des concepts, et ouvre de nouvelles voies de développement économique et social: "les sciences fournissent l'information nécessaire pour améliorer la formulation et la sélection des politiques de développement en vue de la prise de décisions" (Action 21). La conviction de la nécessité de la recherche scientifique pour le développement a conduit depuis une dizaine d'années, son Excellence Ismail Omar Guelleh, Président de la République de Djibouti, à mettre en place sa stratégie en matière de renouveau de la recherche scientifique nationale. Celle-ci n'est plus au niveau des discussions mais, résolument tournée vers son renforcement concret dans la logique d'un développement économique et social et pour l'amélioration des conditions de vie des populations. Une telle stratégie de développement de la recherche scientifique se déploie selon les principaux axes suivants: restructuration institutionnelle, coordination de la recherche scientifique, renforcement des capacités et mécanisme de financement.
La recherche scientifique, qui requiert un cadre et des objectifs clairs, des moyens importants tels que les infrastructures, des laboratoires performants avec les équipements d'analyse, des réseaux d'observation, des chercheurs, des ingénieurs, des techniciens spécialisés et des étudiants dans les domaines aussi divers depuis les sciences naturelles, aux sciences sociales, économiques et politiques, se voit doter progressivement au cours de ces dernières années des moyens indispensables pour jouer pleinement son rôle.
La restructuration et la coordination scientifique
La mise en œuvre de la stratégie sur la recherche scientifique va tout d'abord s'exprimer par une restructuration institutionnelle de l'organe existant depuis 1979. Ainsi entre 2001 et 2002, le CERD, Centre d'Etude et de Recherche de Djibouti, voit le jour et affiche toute l'ambition à doter la République de Djibouti d'une institution de la recherche scientifique à la hauteur des objectifs du pays. De la structure d'un institut la République de Djibouti évolue vers un centre de recherche comprenant plusieurs instituts recouvrant différentes disciplines scientifiques .
Fondés sur les anciens départements scientifiques, trois principaux instituts sont constitués: l'Institut des Sciences de la Terre, l'Institut des Sciences de la Vie et l'Institut des Sciences Sociales. Très rapidement ces disciplines scientifiques seront complétées par d'autres à travers l'Institut des Langues de Djibouti et l'Institut des Nouvelles Technologies. Plus récemment, en 2008 et 2010, le CERD accueille l'Institut des Etudes Politiques et Stratégiques ainsi l'Institut de Recherche Médicinale. Al'heure actuelle, le CERD compte donc sept instituts. Cette nouvelle restructuration de l'organe institutionnel permet aux différents instituts de s'organiser en laboratoires spécialisés pouvant se démultiplier selon les nécessités.
Le CERD a pour mission d'être un outil de recherche multidisciplinaire au service du développement humain durable, d'animer le système scientifique national, de conduire des actions de recherche fondamentale et appliquée, de renforcer les capacités nationales en matière du savoir scientifique et technique, d'être un haut lieu de formation, de concertation, et d'échanges, d'être un instrument pour le rayonnement de la recherche dans le pays, et d'être une structure de gestion et de diffusion de l'information scientifique.
Une expertise pour les besoins diversifiés
La recherche scientifique qui était restreinte jusqu'au début de l'indépendance au domaine de la géologie (CEGD) a été complétée en 1979 aux sciences de la terre, aux sciences de la vie, aux sciences humaines et au secteur de l'énergie, à travers l'ISERST. Depuis une dizaine d'années, le Gouvernement de la République de Djibouti, conscient du rôle de la science dans la connaissance du patrimoine naturel, culturel et social, dans la recherche technologique et, dans la nécessité des études stratégiques et politiques, renforce dans ces disciplines le Centre d'Etudes et de Recherches de Djibouti. Une telle initiative traduit une volonté claire du pays quant à l'intégration de la dimension scientifique dans le développement durable et dans la recherche des solutions dans un contexte où le pays traverse une période de défis sur le plan économique et social.
A la mise en place du CERD en 2002, le constat montrait que l'effectif scientifique de neuf chercheurs était nettement insuffisant pour accomplir les tâches qui incombaient au CERD. Plusieurs domaines très importants demeuraient sans ressources humaines: sismologie, volcanologie, tectonique, substances utiles, hydrologie, hydraulique rurale, agriculture, phytosanitaire, linguistique, archéologie, histoire, socio-économie, sociologie, télédétection-SIG, informatique, électronique-automatique…etc.
Les efforts déployés depuis, ont permis de renforcer significativement le potentiel scientifique. Ainsi le CERD compte actuellement près d'une cinquantaine de chercheurs et chercheurs associés, et le Gouvernement poursuit ses efforts à soutenir progressivement le renforcement des capacités humaines.
Programme de recherche et infrastructure
La notion de recherche-développement qui est d'actualité mais qui existe depuis les années 60 à travers le "manuel de Frascati" distingue la recherche fondamentale, la recherche appliquée et le développement expérimental. Il s'agit à l'échelle nationale, de parvenir à une adaptation de l'activité scientifique aux objectifs de développement du pays, selon une planification adéquate dans le temps en définissant clairement la recherche-développement et les relations entre la recherche et le développement.
Le CERD représente un outil au service du développement humain durable dont les objectifs sont en phase avec les différentes programmations nationales sectorielles. En matière de recherche scientifique, le CERD doit répondre aux multiples besoins exprimés par les ministères pour accomplir leur programme de développement respectif. Le mode de contribution du CERD s'est concrétisé généralement par la réalisation de ses propres programmations en accord avec les objectifs de développement du pays. En ce sens, un Programme de Recherche Scientifique Triennal a été préparé par le CERD et financé par le Gouvernement de la République de Djibouti sur trois années.
Le renouveau du secteur de la recherche scientifique s'est bien sûr poursuivi notamment par des investissements conséquents en infrastructures et en projet de recherche. Ainsi l'appui fourni par la Présidende de la République a permis de donner au CERD une nouvelle plateforme à la recherche en finançant des projets et des laboratoires d'envergure: programme de recherche triennal, laboratoire des géomatériaux, laboratoire des palmiers dattiers. Laboratoire de biochimie, laboratoire de cartographie nationale, le potentiel en énergie éolienne, renforcement du laboratoire d'analyse chimique, dictionnaire en langue Somali de 100000 entrées, forum des langues, conférence internationale sur l’hydrogéologie des roches volcaniques, conférence internationale sur la géothermie…etc.
Afin d’accompagner cet élan de la multiplication des activités de recherche pour le développement un important projet de renforcement en infrastructure a été lancé grâce à la coopération chinoise. Le nouveau bâtiment du centre de recherche triple la capacité actuelle du bâtiment principal. De plus, il accueille une salle de conférence pour plus d'une centaine de personnes.
Les appuis financiers
L'engagement dans une stratégie de développement de la recherche scientifique pour contribuer à l'essor économique et à l'amélioration des conditions de vie des populations, suppose aussi un soutien financier conséquent, qui représente souvent une contrainte majeure au développement de la recherche-développement. Mais la stratégie dans laquelle s'est engagée la Présidence de la République intègre pleinement cette dimension financière indispensable aux objectifs fixés pour booster la recherche scientifique nationale. Le support sur le plan financier peut se décomposer en trois niveaux:
Au niveau du budget. Dès l'année 2006, pour permettre au CERD un fonctionnement adéquat par rapport à ses besoins multiples, le Gouvernement procède à une importante révision du budget en l'augmentant de 55 %, tout en le faisant évoluer les années suivantes.
Tout au long de cette période la Présidence de la République met en place plusieurs financements pour le lancement des activités de recherches spécifiques avec la création des laboratoires modernes équipés. De plus en 2009, le Gouvernement décide de créer le Fonds de Recherche pour le financement du programme de recherche triennal.
Dr.Jalludin Mohamed
Directeur Général
Le Directoire du C.E.R.D est composé du Directeur Général du C.E.R.D et de sept (7) Directeurs (rice) des Instituts.
Liste des chercheurs, assistants-chercheur et chargé de Recherche du CERD.
| Nom | Institut |
| Abdourahman Barkad God | Institut des Langues |
| Abdourahman Daher Meraneh | Institut Sciences de la Vie |
| Abourahman Houmed Gaba | Institut Sciences de la Terre |
| Aden Hassan Aden | Institut des Langues |
| Adwa Abdou Ali | Institut Sciences de la Vie |
| Bouh Houssein Ofleh | Institut Sciences de la Terre |
| Choukri Osman Guirreh | Institut Sciences de la Terre |
| Hami said Ahmed | Institut Sciences de la Vie |
| Hassan Adawè | Institut Sciences et Nouvelles Technologies |
| Idriss Ahmed Hared | Institut Sciences de la Terre |
| Ibrahim Yonis | Institut Sciences et Nouvelles Technologies |
| Jalludin Mohamed | Institut Sciences de la Terre |
| Mohamed Osman Awaleh | Institut Sciences de la Terre |
| Moussa Witti Moussa | Institut Sciences et Nouvelles Technologies |
| Nabil Mohamed Ahmed | Institut Sciences de la Vie |
| Nima Omar | Institut Sciences et Nouvelles Technologies |
| Nimaan Abdillahi Kaourah | Institut Sciences et Nouvelles Technologies |
| Omar Mahamaoud | Institut Sciences de la Terre |
| Sabira Abdoulkader | Institut Sciences de la Vie |
| Said Ismael Awaleh | Institut Sciences de la Terre |
| Samatar Abdi Osman | Institut Sciences de la Terre |
| Samatar Omar Djama | Institut Sciences de la Terre |
| Salah zakaria | Institut Sciences Sociales et Démographiques |
| Youssouf Djibril Soubaneh | Institut Sciences de la Terre |


